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Congé maternité : vos droits en 2026

Durée, indemnités journalières, congé pathologique, congé paternité : tout ce que vous devez savoir sur le congé maternité en 2026 en France.

Par Bébé à Bord -
Maman avec son nouveau-né dans les bras, signifiant le début du congé maternité

Le congé maternité en 2026 : ce qui change et ce qui reste

Le congé maternité est un droit fondamental protégé par la loi française. Il vous permet de vous reposer avant l’accouchement, de vous rétablir après, et de vous consacrer pleinement à votre nouveau-né. En 2026, les règles de base restent stables, mais les plafonds d’indemnisation sont révisés annuellement en fonction du plafond de la Sécurité sociale.

Chez Bébé à Bord, nous savons que les questions administratives peuvent être source de stress pendant la grossesse. Cet article vous explique tout de manière claire et pratique : durée du congé selon votre situation, calcul des indemnités, démarches auprès de l’employeur et de la CPAM, et droits spécifiques pour l’autre parent.


La durée du congé maternité selon votre situation

La durée légale du congé maternité varie selon le rang de l’enfant attendu et le nombre de bébés à naître. C’est un point important à connaître pour anticiper votre organisation professionnelle et personnelle.

Pour un premier ou deuxième enfant

Durée totale : 16 semaines réparties de la façon suivante :

  • Congé prénatal : 6 semaines avant la date prévue d’accouchement
  • Congé postnatal : 10 semaines après l’accouchement

A partir du troisième enfant

Durée totale : 26 semaines, soit une durée nettement plus longue pour tenir compte de la charge familiale déjà présente :

  • Congé prénatal : 8 semaines avant la date prévue d’accouchement
  • Congé postnatal : 18 semaines après l’accouchement

En cas de grossesse gémellaire (jumeaux)

Durée totale : 34 semaines pour une grossesse gémellaire :

  • Congé prénatal : 12 semaines avant la date prévue d’accouchement
  • Congé postnatal : 22 semaines après l’accouchement

En cas de grossesse de triplés ou plus

Durée totale : 46 semaines :

  • Congé prénatal : 24 semaines avant la date prévue d’accouchement
  • Congé postnatal : 22 semaines après l’accouchement

Reporter une partie du congé prénatal

Bonne nouvelle : vous pouvez gagner du temps avec bébé après la naissance. La loi vous permet de reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal vers le congé postnatal, pour allonger votre temps auprès de votre enfant après sa naissance.

Pour cela, il faut :

  1. Obtenir l’accord écrit de votre médecin ou sage-femme, qui atteste que cela est médicalement compatible avec votre état de santé
  2. Informer votre employeur et la CPAM de votre décision

Attention : si un problème de santé survient pendant ces semaines de report, vous devrez reprendre votre congé prénatal immédiatement.


Le congé pathologique : 2 semaines supplémentaires

Le congé pathologique est souvent méconnu mais précieux. Il s’agit d’un congé supplémentaire de 2 semaines, prescrit par votre médecin ou sage-femme, qui peut être accordé :

  • Avant l’accouchement : si votre grossesse présente des complications médicales ou si votre état de santé le nécessite
  • Après l’accouchement : en cas de complications post-partum

Ce congé est distinct du congé maternité classique et s’y ajoute. Il est pris en charge par l’Assurance maladie aux mêmes conditions que les indemnités journalières de maternité. Votre médecin ou sage-femme établit une prescription spécifique que vous transmettez à la CPAM.


Les conditions pour bénéficier des indemnités journalières

Pour percevoir des indemnités journalières (IJ) de maternité, vous devez remplir plusieurs conditions à la date de début du congé prénatal.

Conditions d’ouverture des droits

  • Etre immatriculée à la Sécurité sociale depuis au moins 10 mois
  • Avoir travaillé au moins 150 heures dans les 3 mois précédant le congé (ou dans les 90 jours avant la cessation de travail)
  • Ou avoir cotisé sur un salaire au moins égal à 1 015 fois le SMIC horaire dans les 6 mois précédant le congé

Si vous ne remplissez pas ces conditions, vérifiez auprès de votre CPAM si vous pouvez bénéficier d’autres dispositifs d’aide, notamment si vous relevez de la CSS (Complémentaire Santé Solidaire) ou de l’aide médicale de l’Etat.


Calcul et montant des indemnités journalières en 2026

La base de calcul

Les indemnités journalières de maternité sont calculées sur la base de votre salaire brut des 3 derniers mois précédant le congé prénatal, dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale (PMSS).

En 2026, ce plafond est fixé à 3 925 euros brut par mois. Le montant journalier maximum est donc d’environ 100 euros par jour (plafonné à 1/91,25 du trimestre de référence).

Pour les salaires variables

Si votre rémunération est variable (commissions, primes, heures supplémentaires), la CPAM calcule votre indemnité sur les 12 derniers mois de salaire. Cette règle protège les salariées dont les revenus fluctuent d’un mois à l’autre.

Le rôle de votre mutuelle

Votre mutuelle ou votre prévoyance d’entreprise peut compléter les indemnités journalières versées par la CPAM. Renseignez-vous auprès de votre service RH pour connaitre les garanties exactes de votre contrat. Certains employeurs maintiennent 100 % du salaire net pendant tout ou partie du congé maternité dans le cadre de leur accord collectif.

Les fonctionnaires

Les agents de la fonction publique bénéficient d’un régime plus favorable : maintien intégral du traitement (salaire complet) pendant toute la durée du congé maternité légal. Aucune démarche CPAM n’est nécessaire - c’est votre employeur public qui gère directement.


Les démarches auprès de votre employeur

Quand informer son employeur

La loi ne vous impose pas de délai précis pour informer votre employeur de votre grossesse. Cependant, il est conseillé de déclarer votre grossesse avant la fin du 3e mois pour bénéficier immédiatement de la protection légale contre le licenciement.

Pour votre congé maternité, vous devez adresser à votre employeur un certificat médical indiquant votre date prévue d’accouchement, au moins 1 mois avant le début du congé prénatal. Votre employeur ne peut pas s’opposer à votre départ en congé maternité.

La protection contre le licenciement

Pendant votre grossesse et votre congé maternité, vous bénéficiez d’une protection renforcée contre le licenciement. Votre employeur ne peut pas vous licencier sauf en cas de faute grave non liée à la grossesse ou de cessation d’activité de l’entreprise. Cette protection s’étend jusqu’à 10 semaines après votre retour de congé maternité.

La déclaration de reprise du travail

A l’issue de votre congé, vous devez informer votre employeur de votre date de reprise. Vous avez le droit de bénéficier d’un entretien professionnel à votre retour, pour faire le point sur votre poste et votre évolution. Votre employeur est tenu de vous réintégrer dans votre poste précédent ou dans un poste équivalent avec rémunération au moins identique.


Les démarches auprès de la CPAM

La déclaration de grossesse

La première démarche indispensable est la déclaration de grossesse à la CPAM avant la fin du 3e mois (avant la fin de la 14e semaine d’aménorrhée). Cette déclaration, faite sur le formulaire cerfa remis par votre médecin ou sage-femme, ouvre vos droits aux remboursements des examens obligatoires et prépare le dossier de congé maternité.

L’arrêt de travail pour congé maternité

A l’approche du terme, votre médecin ou sage-femme vous remet un arrêt de travail pour congé maternité. Vous devez adresser la feuille d’arrêt à votre CPAM dans les 48 heures pour déclencher le versement des indemnités.

Le versement des IJ débute après un délai de carence de 3 jours sauf si votre congé maternité fait suite directement à un arrêt maladie, auquel cas il n’y a pas de carence supplémentaire.

Le suivi de votre dossier

Vous pouvez suivre votre dossier et consulter vos indemnités directement sur ameli.fr, le portail de l’Assurance maladie. En cas de retard de paiement ou de question, n’hésitez pas à contacter votre CPAM par messagerie sécurisée via votre espace personnel - c’est souvent plus efficace que d’appeler.


Le congé de paternité et d’accueil de l’enfant en 2026

Le deuxième parent - que ce soit le père, la conjointe ou le partenaire pacsé - bénéficie également d’un congé à la naissance.

La durée en 2026

Depuis la réforme de 2021, le congé de paternité et d’accueil de l’enfant comprend :

  • 3 jours ouvrables à la charge de l’employeur (congé de naissance obligatoire)
  • 25 jours calendaires pris en charge par la CPAM pour une naissance simple
  • 32 jours calendaires pour une naissance multiple (jumeaux, triplés…)

Soit un total de 28 jours calendaires pour une naissance simple (les 3 jours ouvrables de l’employeur + les 25 jours de la CPAM), et 35 jours calendaires pour une naissance multiple.

Les 4 premiers jours obligatoires

Une partie du congé est désormais obligatoire : les 3 jours de l’employeur plus les 4 premiers jours du congé CPAM doivent être pris de façon continue immédiatement après la naissance. Ces 7 jours au total (jours ouvrables + calendaires) ne peuvent pas être différés.

Comment prendre le reste du congé

Les 21 jours restants (ou 28 jours pour une naissance multiple) peuvent être pris en une ou deux périodes, dans les 6 mois suivant la naissance. Cela permet une vraie flexibilité pour s’adapter à l’organisation familiale.

Les conditions et les indemnités

Les conditions d’ouverture des droits sont les mêmes que pour le congé maternité. Les indemnités journalières sont calculées de la même façon, plafonnées au même montant. Le second parent doit informer son employeur au moins 1 mois à l’avance et transmettre l’arrêt de travail à la CPAM avec le bulletin de naissance de l’enfant.


Le congé d’adoption

Si vous adoptez un enfant, vous bénéficiez d’un congé d’adoption dont la durée varie selon le nombre d’enfants déjà présents au foyer et le nombre d’enfants adoptés simultanément. Les durées sont comparables au congé maternité classique. Les deux parents peuvent partager ce congé.


Cas particuliers et situations spécifiques

La salariée en CDD

Une salariée en contrat à durée déterminée (CDD) bénéficie des mêmes droits au congé maternité qu’une salariée en CDI, sous réserve de remplir les conditions d’ouverture des droits à la CPAM. Son contrat peut se terminer pendant le congé maternité mais elle continue à percevoir ses indemnités journalières.

La travailleuse indépendante

Les auto-entrepreneures, artisanes et commerçantes relèvent du régime des travailleurs non salariés. Elles ont droit à une allocation de repos maternel et à des indemnités journalières forfaitaires, calculées différemment du régime salarié. Rapprochez-vous de la Caisse Sociale des Indépendants (ex-RSI) pour connaitre vos droits précis.

La professionnelle libérale

Les professions libérales (médecins, avocates, expertes-comptables…) relèvent de leur propre caisse de retraite. Les conditions et le montant des indemnités varient selon la caisse. Contactez directement votre caisse professionnelle pour un calcul personnalisé.

La grossesse à haut risque

En cas de grossesse médicalement compliquée, votre médecin peut vous prescrire des arrêts de travail longue durée avant le début du congé prénatal légal. Ces arrêts sont pris en charge comme des arrêts maladie classiques. Ils n’amputent pas votre congé maternité.


Ce que le congé maternité ne couvre pas (et les alternatives)

Le congé maternité prend fin à une date précise. Si vous souhaitez rester plus longtemps auprès de votre enfant, plusieurs options existent.

Le congé parental d’éducation vous permet de suspendre ou réduire votre activité professionnelle jusqu’aux 3 ans de votre enfant. Il n’est pas rémunéré par l’employeur mais peut ouvrir droit à la PreParE (Prestation Partagée d’Education de l’Enfant) versée par la CAF, sous conditions de ressources et d’activité antérieure.

Les congés annuels peuvent être accolés au congé maternité si vous et votre employeur vous mettez d’accord, pour prolonger votre présence à la maison.

Pour préparer au mieux votre grossesse et anticiper sereinement les semaines à venir, consultez notre suivi grossesse semaine par semaine. Et si vous souhaitez vous préparer mentalement à l’accouchement, notre guide sur la préparation à l’accouchement est fait pour vous.


Récapitulatif des durées de congé maternité en 2026

SituationCongé prénatalCongé postnatalTotal
1er ou 2e enfant6 semaines10 semaines16 semaines
3e enfant ou plus8 semaines18 semaines26 semaines
Jumeaux12 semaines22 semaines34 semaines
Triplés ou plus24 semaines22 semaines46 semaines
+ congé pathologique+2 semaines+2 semainesen sus

En résumé : les points clés à retenir

  • Déclarez votre grossesse avant la fin du 3e mois auprès de la CPAM et de votre employeur pour bénéficier de toutes les protections.
  • La durée du congé varie de 16 à 46 semaines selon votre situation familiale.
  • Vous pouvez reporter jusqu’à 3 semaines du congé prénatal vers le postnatal, sur avis médical.
  • Le congé pathologique de 2 semaines s’ajoute au congé légal en cas de complications.
  • Les indemnités journalières sont plafonnées en 2026 - vérifiez votre complémentaire santé pour un éventuel maintien de salaire.
  • Le second parent dispose de 28 jours de congé (dont 7 jours obligatoires immédiatement après la naissance).

N’hésitez pas à contacter votre CPAM, votre service RH ou votre sage-femme pour toute question spécifique à votre situation. Chaque grossesse est unique, et il existe toujours des dispositifs adaptés pour vous accompagner au mieux.

Questions fréquentes

Quand débute le congé maternité en France ?

Le congé maternité prénatal commence en règle générale 6 semaines avant la date prévue d'accouchement (DPA) pour un premier ou deuxième enfant, et 8 semaines avant la DPA à partir du troisième enfant. Il est possible de reporter jusqu'à 3 semaines du congé prénatal vers le congé postnatal, sur avis médical favorable.

Quel est le montant des indemnités journalières en 2026 ?

En 2026, les indemnités journalières de maternité sont calculées sur la base de votre salaire brut des 3 derniers mois (ou des 12 derniers mois pour les salariées dont la rémunération est variable), dans la limite du plafond mensuel de la Sécurité sociale. Le montant journalier correspond à 1/91,25 de ce salaire de référence, plafonné à environ 100,36 euros par jour. Votre mutuelle peut compléter cette indemnisation selon votre contrat.

Peut-on travailler pendant le congé maternité ?

Non. Le congé maternité est une période de suspension du contrat de travail pendant laquelle vous ne pouvez exercer aucune activité professionnelle, même bénévole pour votre employeur. Toute reprise d'activité entraîne la suspension du versement des indemnités journalières par la CPAM.

Que se passe-t-il si bébé naît avant le terme prévu ?

Si bébé naît avant la date prévue d'accouchement, le congé postnatal est allongé de la durée entre la naissance effective et la date de début du congé prénatal initialement prévu. La durée totale du congé maternité est ainsi intégralement préservée. Si bébé naît avant le début du congé prénatal, ce congé commence dès la naissance et la totalité de la durée légale reste garantie.

Le congé maternité est-il identique pour les indépendantes et les fonctionnaires ?

Non, les règles diffèrent selon votre statut. Les travailleuses indépendantes (auto-entrepreneures, professions libérales, artisanes) bénéficient d'un régime spécifique avec des indemnités calculées différemment. Les fonctionnaires ont droit au maintien intégral de leur traitement pendant la durée légale du congé. Renseignez-vous auprès de votre caisse de retraite ou de votre employeur selon votre situation.

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