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La bronchiolite du nourrisson : symptômes et soins

Bronchiolite du nourrisson : reconnaître les symptômes, gérer la maladie à domicile, savoir quand consulter en urgence. Guide complet pour les parents.

Par Bébé à Bord -
Nourrisson avec difficulté respiratoire, bronchiolite

La bronchiolite du nourrisson : symptômes et soins

La bronchiolite est la maladie respiratoire la plus fréquente du nourrisson. Chaque automne-hiver, elle touche en France près de 500 000 bébés, dont 2 à 3% sont hospitalisés. Si cette infection virale est bénigne dans la grande majorité des cas, elle peut parfois inquiéter les parents - et avec raison, car certains signes nécessitent une prise en charge urgente. Bébé à Bord vous guide pour reconnaître, surveiller et soigner la bronchiolite de votre nourrisson.

Qu’est-ce que la bronchiolite ?

La bronchiolite est une infection virale des petites bronches (bronchioles) du nourrisson. Elle touche principalement les enfants de moins de 2 ans, avec un pic de fréquence entre 2 et 8 mois.

Dans 70 à 80% des cas, elle est causée par le Virus Respiratoire Syncytial (VRS). D’autres virus peuvent également être responsables : rhinovirus, métapneumovirus, virus de la grippe, adénovirus.

Le VRS provoque une inflammation et un oedème des bronchioles, ainsi qu’une accumulation de mucus. Cela gêne le passage de l’air, notamment lors de l’expiration, provoquant les sifflements caractéristiques de la maladie.

La bronchiolite est extrêmement contagieuse : le virus se transmet par voie respiratoire (gouttelettes) et par contact avec des surfaces contaminées. Il peut survivre plusieurs heures sur les surfaces et jusqu’à 30 minutes sur les mains.

Les symptômes de la bronchiolite

La bronchiolite évolue généralement en deux phases distinctes :

Phase initiale (J1-J2) : le rhume

La maladie débute comme un simple rhume :

  • Nez qui coule (rhinorrhée), d’abord clair puis plus épais
  • Légère fièvre (souvent inférieure à 38,5°C)
  • Toux sèche
  • Parfois légère conjonctivite

Phase de descente (J2-J5) : l’atteinte bronchique

Après 1 à 3 jours, les bronchioles sont atteintes :

  • Toux qui devient plus grasse, plus fréquente
  • Sifflements respiratoires (wheezing) audibles, parfois même à distance
  • Gêne respiratoire : respiration plus rapide et plus difficile
  • Possible ralentissement des prises alimentaires
  • Irritabilité, agitation

Il faut surveiller attentivement la fréquence respiratoire de votre bébé : comptez le nombre de mouvements de poitrine par minute. Une fréquence supérieure à 60 mouvements/minute est un signe d’alerte.

Signes de gravité : consultez en urgence

Certains signes imposent une consultation immédiate aux urgences :

  • Tirage : la peau rentre entre les côtes, sous le sternum ou au niveau de la gorge à chaque inspiration - le corps “tire” pour inspirer
  • Battement des ailes du nez : le bébé dilate les narines à chaque inspiration
  • Cyanose : lèvres ou ongles qui bleuissent
  • Apnées : pauses respiratoires
  • Alimentation très réduite : moins de la moitié des repas habituels
  • Somnolence excessive ou au contraire agitation extrême
  • Fièvre chez un bébé de moins de 3 mois

N’hésitez pas à appeler le 15 (SAMU) si vous observez l’un de ces signes.

Qui sont les bébés à risque ?

Certains nourrissons présentent un risque accru de bronchiolite sévère et nécessitent une surveillance renforcée :

  • Prématurés (nés avant 36 semaines de grossesse), notamment ceux ayant présenté une dysplasie bronchopulmonaire
  • Nourrissons de moins de 6 semaines : leur tonus musculaire respiratoire est insuffisant
  • Cardiopathies congénitales : le coeur est déjà sollicité, une gêne respiratoire supplémentaire peut décompenser
  • Immunodépression : les défenses immunitaires réduites rendent l’infection plus sévère
  • Maladies neuromusculaires affectant les muscles respiratoires
  • Enfants exposés au tabagisme passif : risque de bronchiolite augmenté et formes plus sévères

Pour ces enfants, le nirsévimab est particulièrement recommandé et une surveillance médicale rapprochée est nécessaire.

Le traitement de la bronchiolite

Il n’existe pas de traitement antiviral spécifique contre le VRS. La prise en charge est symptomatique et vise à soulager votre bébé et à prévenir les complications.

Les soins à domicile

Le lavage de nez est l’intervention la plus importante. Utilisez du sérum physiologique (sérum en dosettes ou spray) pour désobstruer les narines avant chaque repas et autant de fois que nécessaire. Une nez dégagé permet à votre bébé de mieux respirer et de mieux s’alimenter.

Le positionnement : surélévez légèrement la tête du lit (10-15°) pour faciliter la respiration. Evitez les positions avachies qui compriment le thorax. Ne mettez jamais de dispositif de positionnement dans le lit (risque de mort subite).

L’alimentation : proposez des repas plus fréquents et moins copieux. Un bébé fatigué par l’effort respiratoire mange moins bien. Fractionnez les biberons ou les tétées pour réduire l’effort. Si votre bébé mange moins de la moitié de ses apports habituels, consultez.

L’hydratation : veillez à ce que votre bébé reste bien hydraté. Des urines claires et fréquentes sont un bon signe.

L’environnement : maintenez la chambre à une température de 19-20°C, humidifiez l’air si nécessaire (humidificateur), évitez absolument la fumée de cigarette. Aérez régulièrement le logement.

Le paracétamol peut être donné si votre bébé a de la fièvre ou semble douloureux. Respectez scrupuleusement les doses recommandées selon le poids.

Ce qu’il ne faut pas faire

Ne donnez pas de médicaments qui ne sont pas prescrits par le médecin : fluidifiants bronchiques, mucolytiques, antitussifs. Ces médicaments sont inefficaces et peuvent être dangereux chez le nourrisson.

N’humidifiez pas excessivement l’air de la chambre : une humidité trop élevée favorise le développement de moisissures.

Evitez les séances de vapeur (se pencher au-dessus d’un bol d’eau chaude) : elles peuvent provoquer des brûlures et ne sont pas efficaces.

La kinésithérapie respiratoire : le point sur les recommandations 2026

Pendant de nombreuses années, la kinésithérapie respiratoire (KR) était prescrite systématiquement pour les bronchiolites. Les recommandations ont évolué.

Depuis les recommandations de la Haute Autorité de Santé (HAS) de 2019, confirmées en 2023, la KR n’est plus recommandée en routine pour la bronchiolite non compliquée. Les études ont montré qu’elle n’accélérait pas la guérison et pouvait même être mal tolérée par certains nourrissons.

La KR reste cependant utile dans certaines situations spécifiques, à la discrétion du médecin :

  • Bronchiolites récidivantes
  • Enfants présentant une atélectasie (zone pulmonaire non ventilée)
  • Enfants avec des sécrétions abondantes et difficiles à mobiliser

Si votre médecin prescrit de la KR, c’est pour une raison précise - ne la remettez pas en question sans en discuter avec lui.

Traitement hospitalier

En cas de bronchiolite sévère, une hospitalisation peut être nécessaire. Elle permet de :

  • Surveiller en continu la saturation en oxygène et la fréquence respiratoire
  • Administrer de l’oxygène si la saturation est insuffisante
  • Assurer une nutrition par sonde nasogastrique si le bébé ne peut pas s’alimenter
  • Dans les cas les plus graves, une ventilation non invasive peut être nécessaire

La prévention : le nirsévimab, une révolution

Depuis la saison épidémique 2023-2024, un traitement préventif révolutionnaire est disponible : le nirsévimab (commercialisé sous le nom Beyfortus).

Le nirsévimab est un anticorps monoclonal : il ne s’agit pas d’un vaccin, mais d’une injection d’anticorps déjà prêts à protéger votre bébé. Il agit en neutralisant le VRS et en empêchant le virus d’infecter les cellules pulmonaires.

Qui peut en bénéficier ? Tous les nourrissons nés depuis le 6 février 2023, avant leur première saison hivernale d’exposition au VRS (généralement octobre à mars). Les nourrissons prématurés ou présentant des facteurs de risque peuvent nécessiter une dose supplémentaire.

Comment est-il administré ? Par une seule injection intramusculaire, idéalement en octobre-novembre avant le début de l’épidémie. Les bébés nés en cours de saison épidémique le reçoivent dès que possible après la naissance.

Son efficacité : les études cliniques montrent une réduction de 74 à 79% des hospitalisations pour bronchiolite sévère. C’est un résultat remarquable qui transforme la prise en charge de cette maladie.

Remboursement : le nirsévimab est remboursé à 100% par l’Assurance Maladie. Il est disponible chez le pédiatre, le médecin traitant et en maternité pour les nouveau-nés.

Les autres gestes de prévention

En complément du nirsévimab, plusieurs mesures réduisent le risque de bronchiolite :

Le lavage des mains est la mesure la plus efficace. Lavez-vous les mains avant de manipuler votre bébé, après vous être mouché, après avoir changé une couche. Invitez les visiteurs à en faire autant.

Evitez les contacts avec des personnes enrhumées, surtout dans les premières semaines de vie. Pendant la saison épidémique (octobre-avril), limitez les visites à domicile si votre bébé est très jeune.

L’allaitement maternel réduit le risque de bronchiolite et de ses formes graves, grâce aux anticorps maternels transmis via le lait.

Evitez le tabagisme passif : la fumée de cigarette fragilise les voies respiratoires et augmente le risque de bronchiolite sévère.

Ne mettez pas votre bébé en collectivité trop tôt si possible, ou faites-le bénéficier du nirsévimab avant l’entrée en crèche.

Surveiller l’évolution : le journal de suivi

Pendant une bronchiolite, il est utile de noter régulièrement :

  • La fréquence respiratoire (comptez 1 minute plusieurs fois par jour)
  • Les quantités ingérées à chaque repas
  • La fièvre si présente
  • L’état général de votre bébé

Ces informations sont précieuses pour le médecin si vous devez consulter. Elles permettent d’évaluer rapidement l’évolution et de prendre les bonnes décisions.

La bronchiolite est une maladie angoissante pour les parents, mais la grande majorité des bébés guérissent sans complications en 10 à 14 jours. Grâce aux nouvelles recommandations et au nirsévimab, nous disposons aujourd’hui de bien meilleures armes pour protéger et accompagner nos nourrissons. Bébé à Bord est là pour vous soutenir à chaque étape.

Questions fréquentes

La bronchiolite est-elle dangereuse pour mon bébé ?

La bronchiolite est bénigne dans la majorité des cas (90%) et guérit en 10 à 14 jours. Elle peut cependant être grave chez les nourrissons de moins de 6 semaines, les prématurés, les enfants atteints de maladies cardiaques ou pulmonaires, et ceux immunodéprimés. Une surveillance attentive est toujours nécessaire.

Quels sont les signes qui doivent m'inquiéter chez mon bébé atteint de bronchiolite ?

Consultez en urgence si votre bébé présente : fréquence respiratoire supérieure à 60 mouvements/min, tirage intercostal ou sous-costal (peau qui rentre entre les côtes), cyanose (lèvres ou ongles bleus), refus de s'alimenter ou prise alimentaire inférieure à la moitié des apports habituels, somnolence excessive, ou fièvre chez un nourrisson de moins de 3 mois.

La kinésithérapie respiratoire est-elle encore recommandée pour la bronchiolite ?

Non, depuis les recommandations HAS de 2019, la kinésithérapie respiratoire n'est plus recommandée en routine pour la bronchiolite non compliquée. Elle peut être envisagée dans certains cas particuliers selon l'avis du médecin, mais elle n'est plus le traitement de référence.

Le nirsévimab (Beyfortus) protège-t-il vraiment contre la bronchiolite ?

Oui, le nirsévimab est un anticorps monoclonal administré en injection unique avant la saison épidémique. Il réduit de 75 à 80% le risque d'hospitalisation pour bronchiolite sévère. Il est recommandé pour tous les nourrissons nés depuis le 6 février 2023 et remboursé à 100% par l'Assurance Maladie.

Combien de temps dure une bronchiolite ?

La bronchiolite dure généralement 10 à 14 jours. Les symptômes sont souvent plus intenses entre J3 et J5, puis s'améliorent progressivement. La toux peut persister jusqu'à 3 semaines après le début de la maladie.

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