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L'accouchement prématuré : causes et prise en charge

Accouchement prématuré : facteurs de risque, signes d'alerte, prise en charge médicale et suivi en néonatalogie pour les bébés prématurés.

Par Bébé à Bord -
Bébé prématuré en couveuse dans un service de néonatalogie

L’accouchement prématuré : causes et prise en charge

La prématurité est définie par toute naissance survenant avant 37 semaines d’aménorrhée (SA). En France, environ 7 % des naissances sont prématurées, soit environ 55 000 bébés par an. C’est la principale cause de mortalité et de morbidité néonatales dans les pays développés.

Chez Bébé à Bord, nous vous donnons les informations essentielles pour reconnaître les signes d’alerte, comprendre la prise en charge médicale et aborder la néonatologie si votre bébé naissait prématurément.

Les différents degrés de prématurité

La prématurité est classée selon le terme de naissance :

  • Grande prématurité : avant 32 SA - ces bébés nécessitent une réanimation néonatale spécialisée en niveau 3
  • Prématurité modérée : entre 32 et 34 SA - service de néonatologie de niveau 2
  • Prématurité tardive : entre 34 et 37 SA - soins intensifs néonataux ou unité kangourou
  • Très grande prématurité : avant 28 SA - réanimation néonatale intensive

Le seuil de viabilité en France est fixé à 22 SA, avec des soins de réanimation néonatale qui peuvent être entrepris à partir de cette limite, selon les situations et les décisions médicales partagées avec les parents.

Les causes et facteurs de risque

La cause d’un accouchement prématuré reste inconnue dans 50 % des cas. Plusieurs facteurs de risque sont cependant identifiés.

Les facteurs liés à la grossesse

La grossesse multiple (jumeaux, triplés) est le facteur de risque le plus important : 50 % des grossesses gémellaires et presque 100 % des grossesses triples se terminent avant 37 SA.

La béance cervicale (incompétence cervicale) est une condition dans laquelle le col de l’utérus est structurellement trop court ou trop fragile, favorisant son ouverture prématurée sous le poids du bébé. Elle peut être traitée par un cerclage cervical (point de suture autour du col).

Le placenta praevia (placenta bas inséré ou recouvrant le col) et le décollement placentaire peuvent déclencher un accouchement prématuré.

Les infections intra-utérines ou génitales (chorioamniotite, streptocoque B, vaginose bactérienne) peuvent provoquer des contractions et un accouchement prématuré.

Un excès de liquide amniotique (hydramnios) distend excessivement l’utérus et peut déclencher des contractions prématurées.

Les facteurs maternels

Les antécédents d’accouchement prématuré sont le principal facteur de risque de récidive : le risque de récurrence est multiplié par 2,5 après un premier accouchement prématuré.

L’hypertension artérielle gravidique et la pré-éclampsie peuvent nécessiter un déclenchement prématuré de l’accouchement pour raisons médicales.

Les malformations utérines (utérus cloisonné, fibrome utérin), les pathologies chroniques mal contrôlées (diabète, maladies auto-immunes) et les infections urinaires à répétition sont des facteurs de risque supplémentaires.

Les facteurs sociaux et comportementaux

Le tabagisme est associé à un risque accru d’accouchement prématuré, ainsi qu’à un retard de croissance intra-utérin. La consommation de drogues (cocaïne, héroïne) est également un facteur de risque majeur.

Le stress intense et prolongé, les conditions de travail difficiles (station debout prolongée, port de charges lourdes), la précarité sociale et un suivi prénatal insuffisant sont aussi identifiés comme facteurs de risque.

Reconnaître les signes d’alerte

Les contractions prématurées

Des contractions régulières avant 37 SA (plus de 4 en 1 heure) sont le signe d’alerte principal d’une menace d’accouchement prématuré (MAP). Ces contractions peuvent être douloureuses (comme des crampes menstruelles ou des douleurs lombaires basses) ou indolores.

Il est normal d’avoir des contractions de Braxton-Hicks irrégulières et indolores en cours de grossesse. Ce sont les contractions régulières, rythmées et persistantes qui nécessitent une consultation urgente.

Les autres signes d’alerte

  • Pertes vaginales inhabituelles : liquide clair (perte des eaux), sang rouge, mucosités abondantes
  • Pression pelvienne intense et inhabituelle, sensation que le bébé “descend”
  • Douleurs lombaires basses et rythmées
  • Crampes abdominales régulières
  • Modification des mouvements foetaux (diminution ou absence)

En cas de doute, consultez en urgence - mieux vaut un déplacement inutile qu’une situation traitée trop tardivement.

La prise en charge médicale

Le diagnostic

À la maternité, l’équipe évalue la situation par plusieurs examens. Le toucher vaginal évalue la dilatation et les modifications du col. L’échographie cervicale mesure la longueur du col (un col court est un facteur de risque important de MAP). Le monitoring foetal surveille les contractions et le rythme cardiaque du bébé. Un dosage de fibronectine foetale dans les sécrétions cervicovaginales peut être réalisé : un résultat négatif est rassurant sur le risque d’accouchement dans les 2 semaines.

Les traitements de la menace d’accouchement prématuré

La tocolyse (traitement pour arrêter les contractions) peut être administrée pour retarder l’accouchement et gagner du temps pour les traitements complémentaires. Les inhibiteurs calciques (nifédipine) et les agonistes des récepteurs à l’ocytocine (atosiban) sont les plus utilisés.

L’hospitalisation et le repos sont souvent recommandés en cas de MAP.

Les corticoïdes (bêtaméthasone en injection intramusculaire) sont systématiquement administrés entre 24 et 34 SA en cas de risque d’accouchement prématuré. Ils accélèrent la maturation pulmonaire foetale et réduisent considérablement le risque de syndrome de détresse respiratoire néonatale, l’une des complications les plus graves de la prématurité.

Le sulfate de magnésium peut être administré avant 32 SA pour sa neuroprotection foetale (protection du cerveau du prématuré contre certaines complications neurologiques comme la paralysie cérébrale).

Le transfert en utero

Si votre maternité n’est pas de niveau adapté à votre terme de grossesse, un transfert in utero (transport de la mère enceinte vers un centre de niveau supérieur avant la naissance) sera organisé. Cette décision, bien qu’elle puisse sembler stressante, est la meilleure option pour votre bébé : un bébé prématuré accueilli dans une maternité de niveau 3 avec une réanimation néonatale sur place a de meilleures chances qu’un bébé transféré après la naissance.

La prise en charge en néonatalogie

Si votre bébé naît prématurément, il sera immédiatement pris en charge par l’équipe de néonatalogie, présente en salle de naissance. Les besoins varient selon le terme de naissance.

Les soins immédiats

Les bébés prématurés sont placés dans une couveuse (incubateur) qui maintient la température corporelle, l’humidité et permet la surveillance continue. Une assistance respiratoire peut être nécessaire - de l’oxygène par lunettes nasales jusqu’à la ventilation mécanique selon le terme.

Les bébés très prématurés sont nourris initialement par perfusion intraveineuse (nutrition parentérale) puis progressivement par sonde gastrique, jusqu’à ce qu’ils puissent téter ou boire au biberon.

Le rôle des parents en néonatalogie

Les parents ont une place fondamentale en néonatalogie. Le peau à peau (méthode kangourou) - porter son bébé contre soi peau à peau plusieurs heures par jour - est scientifiquement prouvé pour améliorer le développement neurologique, stabiliser les paramètres vitaux et favoriser l’allaitement.

Même si votre bébé est branché à des moniteurs, vous pouvez le toucher, lui parler, chanter. Votre présence lui est précieuse.

Le lait maternel : un traitement à part entière

En néonatalogie, le lait maternel est considéré comme un traitement médical. Il protège le prématuré contre les infections et l’entérocolite ulcéronécrosante, une complication intestinale grave. Les équipes de néonatologie vous soutiennent dans la mise en route de l’allaitement ou du tire-lait, même si votre bébé ne peut pas encore téter.

Si vous ne pouvez pas ou ne souhaitez pas allaiter, du lait de donneuses de lait pasteurisé peut être proposé via un lactarium.

Chez Bébé à Bord, nous savons qu’un accouchement prématuré est une épreuve intense pour toute la famille. Les équipes de néonatologie françaises sont parmi les meilleures au monde. N’hésitez pas à poser toutes vos questions à l’équipe médicale, et à demander un soutien psychologique - il est disponible dans tous les services de néonatologie.

Questions fréquentes

À partir de quand un bébé est-il considéré comme prématuré ?

Un bébé est prématuré s'il naît avant 37 semaines d'aménorrhée (SA). On distingue la grande prématurité (avant 32 SA), la prématurité modérée (32-34 SA) et la prématurité tardive (34-37 SA). Les bébés nés avant 28 SA sont dits 'grands prématurés' et nécessitent une réanimation néonatale spécialisée.

Quels sont les premiers signes d'une menace d'accouchement prématuré ?

Les signes d'alerte sont : contractions régulières (plus de 4 par heure) avant 37 SA, douleurs dans le bas du ventre ou le dos, pression pelvienne inhabituelle, pertes vaginales inhabituelles (eau, sang, mucus abondant). Consultez en urgence sans attendre si vous présentez ces symptômes.

Que sont les corticoïdes prescrits pour la prématurité ?

Les corticoïdes (bêtaméthasone) sont injectés à la mère en cas de risque d'accouchement prématuré avant 34 SA. Ils accélèrent la maturation des poumons du foetus, réduisant considérablement le risque de détresse respiratoire à la naissance. Leur effet est optimal 24 à 48 heures après l'injection.

Combien de temps un bébé prématuré reste-t-il à l'hôpital ?

La durée d'hospitalisation dépend du terme à la naissance et des complications éventuelles. En règle générale, le bébé reste hospitalisé jusqu'à son terme théorique (40 SA). Un bébé né à 32 SA restera environ 8 semaines en néonatalogie. La sortie se fait quand il peut se nourrir seul et maintenir sa température.

Un accouchement prématuré peut-il avoir des conséquences à long terme ?

Les conséquences dépendent du terme de naissance et des complications. Les très grands prématurés (avant 28 SA) présentent un risque plus élevé de troubles neurodéveloppementaux, respiratoires et sensoriels. Les prématurés tardifs (34-37 SA) ont un pronostic généralement excellent avec peu de séquelles. Un suivi pédiatrique renforcé est mis en place.

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