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L'infertilité masculine : causes et solutions

Spermogramme, causes d'infertilité masculine, traitements et ICSI : tout comprendre sur la fertilité masculine et les solutions médicales disponibles.

Par Bébé à Bord -
Homme en consultation médicale avec un spécialiste de la fertilité

L’infertilité masculine : causes et solutions

L’infertilité n’est pas un problème exclusivement féminin. Dans environ 40 à 50% des cas d’infertilité conjugale, un facteur masculin est impliqué, seul ou en association avec un facteur féminin. Pourtant, la fertilité masculine reste un sujet souvent tabou, abordé tardivement dans les bilans.

Chez Bébé à Bord, nous vous proposons un guide complet et bienveillant sur la fertilité masculine : comment l’évaluer, quelles en sont les causes, et quelles solutions existent.


Le spermogramme : l’examen de référence

Qu’est-ce que le spermogramme ?

Le spermogramme est l’analyse biologique du sperme. C’est l’examen indispensable et incontournable pour évaluer la fertilité masculine. Il doit être réalisé après 3 à 5 jours d’abstinence sexuelle.

Il analyse plusieurs paramètres selon les critères de l’OMS (2021) :

  • Le volume : normal entre 1,4 et 7,6 mL
  • La numération : nombre de spermatozoïdes par mL (normal : > 16 millions/mL)
  • La mobilité : pourcentage de spermatozoïdes se déplaçant progressivement (normal : > 42%)
  • La morphologie (ou spermocytogramme) : forme normale des spermatozoïdes selon les critères stricts de Kruger (normal : > 4% de formes normales)
  • La vitalité : pourcentage de spermatozoïdes vivants

Les anomalies détectées

Plusieurs termes médicaux désignent les anomalies du spermogramme :

  • Azoospermie : absence totale de spermatozoïdes dans l’éjaculat
  • Oligospermie : faible nombre de spermatozoïdes
  • Asthénospermie : mobilité réduite des spermatozoïdes
  • Tératospermie : morphologie anormale en excès
  • Oligoasthénotératospermie (OAT) : association des trois anomalies
  • Hypospermie/hyperspermie : volume de l’éjaculat trop faible ou trop élevé

Une seule analyse ne suffit pas - les paramètres spermatiques peuvent varier d’une analyse à l’autre. En cas d’anomalie, il est recommandé de confirmer par une deuxième analyse 2 à 3 mois plus tard.


Les causes d’infertilité masculine

La varicocèle

La varicocèle est une dilatation anormale des veines du plexus pampiniforme autour du testicule (similaire aux varices). C’est la cause la plus fréquente d’infertilité masculine, présente chez environ 35 à 40% des hommes infertiles.

Elle augmente la température scrotale et génère un stress oxydatif nuisible à la production de spermatozoïdes. Elle touche le plus souvent le testicule gauche mais peut être bilatérale.

Le diagnostic est fait par examen clinique et confirmation échographique. Le traitement chirurgical ou radiologique (ligature ou embolisation) améliore significativement les paramètres spermatiques dans 60 à 70% des cas.

Les troubles hormonaux

Un déficit en FSH ou en LH (hypogonadisme hypogonadotrope), souvent d’origine hypothalamique ou hypophysaire, peut réduire ou supprimer la production de spermatozoïdes. Ce type d’infertilité est souvent traitable par injections hormonales.

Les troubles thyroïdiens peuvent également affecter la fertilité masculine, tout comme une hyperprolactinémie (excès de prolactine).

Les anomalies génétiques

Certaines causes d’infertilité masculine ont une origine génétique :

  • Syndrome de Klinefelter (47,XXY) : présence d’un chromosome X surnuméraire - cause d’azoospermie dans la plupart des cas
  • Microdélétions du chromosome Y : perte de petites régions du chromosome Y impliquées dans la spermatogenèse
  • Mutations du gène CFTR (mucoviscidose) : souvent associées à une absence bilatérale des canaux déférents et donc une azoospermie obstructive

Un conseil génétique est recommandé avant une ICSI, car certaines anomalies génétiques peuvent être transmises aux enfants.

Les causes infectieuses et inflammatoires

Des infections urogénitales passées (chlamydia, gonorrhée, orchite ourlienne) peuvent laisser des séquelles sur les voies séminales. Une épididymite ou une orchite peut entraîner une obstruction ou une atrophie testiculaire.

Une infection à chlamydia peut être silencieuse pendant des années et n’être découverte que lors d’un bilan de fertilité. Un dépistage et un traitement antibiotique peuvent améliorer les paramètres spermatiques.

Les causes médicamenteuses et toxiques

Plusieurs médicaments peuvent affecter la fertilité masculine : les anabolisants et les stéroïdes anabolisants (pratique dopante en musculation) suppriment quasi totalement la production de spermatozoïdes. La chimiothérapie et la radiothérapie peuvent avoir des effets durables sur la spermatogenèse.

La chaleur excessive est un facteur souvent sous-estimé. Les testicules ont besoin d’une température de 34°C (soit 3 à 4°C en dessous de la température corporelle) pour produire des spermatozoïdes normalement. Les bains chauds très fréquents, le sauna régulier, le port de sous-vêtements très serrés ou le travail prolongé assis avec un ordinateur chauffant peuvent réduire temporairement la qualité spermatique.

Les facteurs de mode de vie

  • Le tabac réduit la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes, et augmente la fragmentation de l’ADN spermatique
  • L’alcool en excès diminue la production de testostérone et altère la morphologie des spermatozoïdes
  • Le stress chronique augmente le cortisol, qui interfère avec la production de testostérone
  • L’obésité est associée à une baisse de la testostérone et à des anomalies spermatiques
  • Les perturbateurs endocriniens (pesticides, plastiques, certains cosmétiques) peuvent affecter la spermatogenèse

Les examens complémentaires

En cas d’anomalie au spermogramme, plusieurs examens sont réalisés pour en rechercher la cause :

  • Bilan hormonal : FSH, LH, testostérone, prolactine, TSH
  • Échographie scrotale : recherche d’une varicocèle, anomalies testiculaires
  • Test de fragmentation de l’ADN spermatique (TFAD ou DFI) : évalue la qualité génétique du sperme, particulièrement utile en cas de fausses couches à répétition
  • Caryotype : analyse chromosomique, recommandée en cas d’oligospermie sévère ou d’azoospermie
  • Recherche de microdélétions du chromosome Y : en cas d’azoospermie ou d’oligospermie sévère
  • Analyse génétique CFTR : en cas d’absence des canaux déférents

L’azoospermie : deux types, deux approches

L’azoospermie obstructive

L’azoospermie obstructive signifie que les spermatozoïdes sont produits normalement mais ne peuvent pas être éjaculés en raison d’une obstruction sur les voies séminales (épididyme, canaux déférents). Cette obstruction peut être congénitale (absence bilatérale des canaux déférents) ou acquise (traumatisme, infection, vasectomie).

Des spermatozoïdes peuvent être extraits chirurgicalement par MESA (aspiration microchirurgicale de spermatozoïdes épididymaires) ou TESE (extraction testiculaire de spermatozoïdes), puis utilisés pour une ICSI.

L’azoospermie sécrétoire (ou non obstructive)

L’azoospermie sécrétoire signifie que les testicules ne produisent pas de spermatozoïdes (ou très peu). Elle peut être liée à un syndrome de Klinefelter, des microdélétions du chromosome Y, ou une atteinte testiculaire.

Dans certains cas, une biopsie testiculaire peut retrouver quelques spermatozoïdes utilisables pour une ICSI (Micro-TESE). Si aucun spermatozoïde n’est récupéré, le recours au don de sperme (IAD) est la seule option.


Les solutions thérapeutiques

L’amélioration du mode de vie

En cas d’anomalies spermatiques légères à modérées sans cause identifiée, des modifications du mode de vie peuvent améliorer significativement les paramètres spermatiques en 3 mois (durée d’un cycle de spermatogenèse) :

  • Arrêt du tabac et de l’alcool
  • Perte de poids si surpoids ou obésité
  • Éviter la chaleur excessive (bains chauds, sauna, ordinateur sur les genoux)
  • Réduire le stress chronique
  • Alimentation riche en antioxydants (vitamines C, E, zinc, sélénium)
  • Exercice physique modéré

Les traitements médicaux

  • Traitement hormonal : en cas d’hypogonadisme hypogonadotrope, des injections de FSH et/ou de LH (ou hCG) peuvent restaurer la production de spermatozoïdes
  • Antibiotiques : en cas d’infection identifiée
  • Traitement d’une hyperprolactinémie ou d’un trouble thyroïdien

La chirurgie

  • Cure de varicocèle : amélioration des paramètres spermatiques dans 60 à 70% des cas
  • Reperméabilisation des voies séminales : en cas d’obstruction acquise
  • Extraction chirurgicale de spermatozoïdes (TESE, MESA, Micro-TESE) : en cas d’azoospermie

L’ICSI : quand la FIV ne suffit pas

L’ICSI (injection intracytoplasmique de spermatozoïde) est une technique de FIV où un spermatozoïde unique est injecté directement dans un ovocyte. Elle permet de contourner les déficiences spermatiques les plus sévères, car un seul spermatozoïde suffit pour féconder chaque ovocyte.

L’ICSI est indiquée en cas d’oligoasthénotératospermie sévère, d’azoospermie avec spermatozoïdes extraits chirurgicalement, ou de mauvais résultats lors d’une FIV conventionnelle précédente.


La dimension psychologique

L’infertilité masculine est souvent vécue comme une atteinte à la virilité et à l’identité masculine, ce qui peut générer une souffrance importante, souvent silencieuse. Beaucoup d’hommes minimisent ou nient leur vécu émotionnel par rapport à l’infertilité.

Reconnaître et accepter d’en parler - avec sa partenaire, un médecin, ou un psychologue - est une démarche courageuse et bénéfique. Les hommes ont autant besoin de soutien que les femmes dans un parcours de fertilité.

Notre article sur le désir d’enfant chez l’homme aborde cet aspect avec sensibilité.


Conclusion

L’infertilité masculine est fréquente, souvent multifactorielle, mais fréquemment traitable ou contournable grâce aux techniques modernes de PMA. Un bilan complet, une prise en charge pluridisciplinaire et des modifications du mode de vie peuvent faire une vraie différence.

Chez Bébé à Bord, nous vous encourageons à ne pas attendre et à consulter rapidement en cas de doute. Le bilan masculin est simple, rapide, et peut faire gagner un temps précieux dans votre parcours vers la parentalité.

Questions fréquentes

Comment savoir si un homme est infertile ?

Le spermogramme est l'examen de référence pour évaluer la fertilité masculine. Il analyse le volume de l'éjaculat, le nombre, la mobilité et la morphologie des spermatozoïdes. Une seule analyse ne suffit pas - il est recommandé d'en réaliser au moins deux à 2 à 3 mois d'intervalle.

Quelles sont les causes les plus fréquentes d'infertilité masculine ?

Les causes principales sont : les varicocèles (varices du testicule), les infections sexuellement transmissibles passées, les troubles hormonaux, les anomalies génétiques, et les facteurs de mode de vie (tabac, chaleur, alcool, stress). Dans 30% des cas, aucune cause n'est identifiée (infertilité idiopathique).

La chaleur nuit-elle vraiment à la fertilité masculine ?

Oui. Les testicules ont besoin d'une température inférieure de 2 à 4°C à la température corporelle pour produire des spermatozoïdes normaux. La chaleur excessive (bains chauds fréquents, ordinateur sur les genoux, vêtements trop serrés, travail assis prolongé) peut réduire temporairement la qualité du sperme.

L'ICSI peut-elle résoudre tous les problèmes d'infertilité masculine ?

L'ICSI permet de contourner de nombreux problèmes spermatiques graves (très faible nombre, mauvaise mobilité, mauvaise morphologie). Elle est très efficace mais ne résout pas les problèmes génétiques sous-jacents, qui peuvent être transmis à l'enfant.

Un homme azoospermique peut-il avoir un enfant biologique ?

Oui, dans certains cas. Si l'azoospermie est obstructive (les spermatozoïdes sont produits mais bloqués), une extraction chirurgicale (TESE, MESA) peut récupérer des spermatozoïdes pour une ICSI. Si l'azoospermie est sécrétoire (pas de production), le recours au don de sperme est généralement nécessaire.

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