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L'infertilité féminine : causes, diagnostic et solutions

Causes de l'infertilité féminine, bilan médical, traitements disponibles et quand consulter : le guide complet et bienveillant de Bébé à Bord.

Par Bébé à Bord -
Femme en consultation médicale avec une gynécologue pour un bilan de fertilité

L’infertilité féminine : briser les tabous pour mieux avancer

L’infertilité est un sujet qui touche de nombreux couples, souvent dans le silence et la solitude. En France, on estime qu’environ 1 couple sur 6 consulte pour des difficultés à concevoir. Pourtant, le sujet reste encore trop peu abordé ouvertement.

Chez Bébé à Bord, nous souhaitons vous accompagner avec bienveillance dans cette démarche parfois longue et éprouvante. Comprendre les causes possibles, connaître les étapes du bilan médical et découvrir les solutions disponibles vous aidera à avancer avec confiance vers votre projet de parentalité.

Qu’est-ce que l’infertilité féminine ?

L’infertilité se définit comme l’incapacité à obtenir une grossesse après 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés (ou 6 mois après 35 ans). On distingue l’infertilité primaire (aucune grossesse antérieure) de l’infertilité secondaire (difficultés à concevoir après une ou plusieurs grossesses).

Il est important de préciser que l’infertilité est rarement absolue. Dans la grande majorité des cas, des causes identifiables et traitables existent. Et même lorsqu’aucune cause n’est trouvée - ce que l’on appelle l’infertilité inexpliquée - des solutions médicales permettent d’aider à la conception.

L’infertilité n’est pas une fatalité. C’est le premier message que nous voulons vous transmettre.

Les principales causes d’infertilité féminine

Les troubles de l’ovulation

C’est la cause la plus fréquente d’infertilité féminine, représentant 25 à 30% des cas. L’anovulation (absence d’ovulation) ou l’oligo-ovulation (ovulation rare ou irrégulière) empêchent la rencontre entre l’ovocyte et le spermatozoïde.

Le syndrome des ovaires polykystiques (SOPK)

Le SOPK est le trouble de l’ovulation le plus répandu. Il touche environ 10% des femmes en âge de procréer. Il se caractérise par :

  • Des cycles irréguliers ou absents
  • Une production excessive d’androgènes (hormones masculines), pouvant causer de l’acné ou de la pilosité
  • Des ovaires présentant de nombreux petits follicules à l’échographie

Le SOPK est traitable : une prise en charge nutritionnelle, une activité physique adaptée et des traitements médicamenteux (notamment le citrate de clomiphène ou les gonadotrophines) permettent souvent de déclencher l’ovulation.

Les troubles hypothalamo-hypophysaires

L’aménorrhée hypothalamique fonctionnelle est souvent liée à un stress intense, une restriction calorique ou une activité physique excessive. Elle provoque un arrêt des règles et de l’ovulation. La prise en charge est principalement non médicamenteuse (rééquilibrage alimentaire, réduction du stress).

L’insuffisance ovarienne prématurée (IOP)

L’insuffisance ovarienne prématurée (anciennement appelée ménopause précoce) survient avant 40 ans. Elle se caractérise par des règles irrégulières ou absentes et une réserve ovarienne très diminuée. Les causes sont parfois génétiques (syndrome de Turner, fragilité du chromosome X), parfois auto-immunes ou inconnues.

L’endométriose

L’endométriose est la présence de tissu endométrial (similaire à la muqueuse utérine) en dehors de l’utérus - sur les ovaires, les trompes, le péritoine ou d’autres organes pelviens. Elle touche environ 10% des femmes et est présente chez 30 à 40% des femmes infertiles.

Ses mécanismes d’action sur la fertilité sont multiples :

  • Formation d’adhérences qui modifient l’anatomie pelvienne
  • Inflammation chronique qui altère la qualité des ovocytes
  • Obstruction tubaire dans les formes sévères
  • Impact sur la réceptivité de l’endomètre

L’endométriose peut être asymptomatique ou se manifester par des douleurs pelviennes, une dysménorrhée intense ou des douleurs pendant les rapports. Son diagnostic repose sur l’échographie, l’IRM et parfois la coelioscopie diagnostique.

La prise en charge comprend la chirurgie (pour traiter les lésions et améliorer les chances de grossesse naturelle) et/ou la PMA.

Les facteurs tubaires

Les trompes de Fallope jouent un rôle central dans la conception : c’est là que se produit la fécondation, et elles assurent le transport de l’embryon vers l’utérus. Toute obstruction ou atteinte des trompes peut donc empêcher la grossesse.

Causes principales d’atteintes tubaires :

  • Infections sexuellement transmissibles non traitées, notamment à Chlamydia trachomatis - d’où l’importance du dépistage
  • Infections pelviennes (salpingites)
  • Endométriose sévère
  • Antécédents de grossesse extra-utérine
  • Chirurgies pelviennes antérieures (appendicite, kyste ovarien)

Le diagnostic se fait par hystérosalpingographie (radiologie avec injection de produit de contraste) ou par coelioscopie.

Les facteurs utérins

Certaines anomalies de l’utérus peuvent nuire à l’implantation de l’embryon ou provoquer des fausses couches à répétition :

  • Les fibromes utérins (myomes) : tumeurs bénignes très fréquentes, surtout ceux qui déforment la cavité utérine (sous-muqueux) peuvent gêner l’implantation
  • Les polypes endométriaux : excroissances bénignes de la muqueuse utérine
  • Le cloisonnement utérin (utérus bicorne, utérus cloisonné) : malformations congénitales qui peuvent causer des fausses couches
  • Les synéchies : cicatrices internes de la cavité utérine, souvent consécutives à des curetages ou infections
  • L’adénomyose : similaire à l’endométriose, avec présence de tissu endométrial dans le muscle utérin

Ces anomalies sont diagnostiquées par échographie, hystéroscopie ou IRM.

Les facteurs cervicaux

Le col de l’utérus joue un rôle dans le passage des spermatozoïdes vers l’utérus. Des anomalies de la glaire cervicale (trop épaisse, insuffisante) ou des antécédents de chirurgie du col peuvent parfois gêner la conception, bien que ce facteur soit moins fréquent qu’autrefois.

La réserve ovarienne diminuée

La réserve ovarienne désigne le nombre et la qualité des ovocytes disponibles dans les ovaires. Elle diminue naturellement avec l’âge - plus rapidement à partir de 37 ans. Mais elle peut aussi être réduite prématurément à cause de :

  • Chirurgies ovariennes (kystes)
  • Traitements par chimiothérapie ou radiothérapie
  • Causes génétiques
  • Maladies auto-immunes

Le bilan de réserve ovarienne comprend le dosage de l’hormone anti-Müllerienne (AMH), de la FSH basale et un comptage des follicules antraux à l’échographie.

Les facteurs immunologiques et thrombophiliques

Dans certains cas, des anomalies immunitaires (anticorps antiphospholipides, thyroïdite auto-immune) ou des troubles de la coagulation peuvent perturber l’implantation ou causer des fausses couches à répétition. Ces facteurs sont explorés lors d’un bilan approfondi.

L’infertilité inexpliquée

Dans environ 10 à 15% des couples explorant une infertilité, aucune cause n’est identifiée malgré un bilan complet. On parle d’infertilité idiopathique ou inexpliquée. Cela ne signifie pas qu’une grossesse est impossible - beaucoup de ces couples concevent naturellement ou avec une aide médicale légère.

Le bilan de fertilité féminin : quelles examens ?

Première consultation

La première consultation est un temps d’écoute et d’information. Le médecin recueille vos antécédents médicaux, gynécologiques et familiaux. Il vous interroge sur la durée des essais, la régularité de vos cycles, vos antécédents d’infections ou de chirurgies.

N’attendez pas pour consulter si vous avez :

  • Des cycles très irréguliers ou absents
  • Des douleurs pelviennes intenses
  • Des antécédents de maladies inflammatoires pelviennes
  • Une endométriose connue
  • 35 ans ou plus

Les examens biologiques

  • Bilan hormonal : FSH, LH, estradiol (dosés au 2e ou 3e jour du cycle), progestérone (dosée en milieu de phase lutéale), AMH (dosable à tout moment), TSH (thyroïde)
  • Bilan infectieux : sérologie Chlamydia, rubéole, toxoplasmose
  • NFS et bilan de coagulation : selon les indications

Les examens d’imagerie

  • Echographie pelvienne endo-vaginale : examine les ovaires (follicules, kystes), l’utérus (myomes, polypes), et réalise le comptage des follicules antraux
  • Hystérosalpingographie : radiologie permettant de vérifier la perméabilité des trompes et la cavité utérine - réalisée entre le 8e et le 12e jour du cycle
  • Hystéroscopie diagnostique : examen endoscopique de la cavité utérine, parfois couplé à une biopsie de l’endomètre
  • IRM pelvienne : si suspicion d’endométriose profonde ou d’adénomyose

Le bilan du partenaire

L’infertilité masculine représente environ 30 à 40% des causes d’infertilité du couple. Un spermogramme (analyse du sperme) est donc systématiquement prescrit en première intention. Il est simple à réaliser et ne doit jamais être différé.

Les traitements de l’infertilité féminine

La prise en charge des causes identifiées

Lorsqu’une cause est trouvée, le traitement cible en priorité cette cause :

  • SOPK : modifications du mode de vie, induction de l’ovulation par médicaments (clomiphène, létrozole, gonadotrophines)
  • Endométriose : chirurgie coelioscopique pour retirer les lésions, suivie si nécessaire de PMA
  • Pathologie tubaire : chirurgie reconstructrice ou PMA (FIV en cas d’obstruction)
  • Anomalies utérines : chirurgie (polypectomie, myomectomie, résection de cloison)
  • Trouble thyroïdien : traitement hormonal substitutif ou fréin, selon le type

L’induction de l’ovulation

Lorsque le trouble de l’ovulation est la cause principale, des médicaments peuvent stimuler l’ovulation. Le citrate de clomiphène est souvent prescrit en première intention. Les gonadotrophines (injections de FSH) sont utilisées en cas d’échec ou dans les protocoles de FIV.

La procréation médicalement assistée (PMA)

Quand la grossesse naturelle n’est pas possible ou que les traitements de première ligne ont échoué, la PMA offre plusieurs options : insémination artificielle, fécondation in vitro (FIV), ICSI (injection intra-cytoplasmique de spermatozoïde), don d’ovocytes.

Pour tout savoir sur les procédures, le remboursement et le parcours en France, consultez notre guide complet : PMA : le guide complet en 2026.

La préservation de la fertilité

Si vous n’êtes pas encore prête à concevoir mais souhaitez préserver votre fertilité future (en raison d’une pathologie, de traitements médicaux ou de vos projets de vie), la vitrification d’ovocytes est une option disponible en France dans le cadre de la loi de bioéthique de 2021.

Prendre soin de soi pendant le parcours

Un parcours d’infertilité est éprouvant, émotionnellement et physiquement. La charge mentale est lourde, les examens sont intrusifs, et l’attente des résultats peut être angoissante.

Voici quelques pistes pour prendre soin de vous :

  • Parlez-en : à votre partenaire, à des proches de confiance, ou à un professionnel de santé mentale spécialisé en fertilité
  • Rejoignez des groupes de soutien : des associations comme Bamp! ou des communautés en ligne peuvent vous aider à vous sentir moins seule
  • Prenez soin de votre alimentation : une alimentation équilibrée et riche en antioxydants soutient la qualité ovocytaire. Pour des conseils détaillés, consultez notre article sur l’alimentation pendant la grossesse
  • Réduisez le stress : sans vous mettre la pression de “vous détendre”, certaines pratiques comme le yoga, la pleine conscience ou la sophrologie peuvent vous aider
  • Limitez tabac et alcool : leur impact négatif sur la fertilité est bien documenté

L’accompagnement chez Bébé à Bord

Vous n’êtes pas seule dans ce chemin. Bébé à Bord est là pour vous informer, vous soutenir et vous orienter vers les ressources médicales adaptées. Utilisez notre calculateur d’ovulation pour mieux comprendre votre cycle pendant vos essais, et n’hésitez pas à explorer nos autres articles sur la fertilité et la conception.

Et surtout, rappelez-vous : consulter un médecin n’est pas un aveu d’échec. C’est un acte de confiance envers vous-même et votre projet.

Questions fréquentes

Après combien de temps d'essais parle-t-on d'infertilité ?

On parle d'infertilité lorsqu'un couple n'a pas réussi à concevoir après 12 mois de rapports sexuels réguliers et non protégés si la femme a moins de 35 ans, ou après 6 mois si elle a 35 ans ou plus. Ce délai tient compte du fait que la fertilité diminue naturellement avec l'âge. Mais si vous avez des facteurs de risque connus, n'attendez pas : consultez sans tarder.

Quelle est la cause la plus fréquente d'infertilité féminine ?

Les troubles de l'ovulation (dont le syndrome des ovaires polykystiques, ou SOPK) représentent la cause la plus fréquente d'infertilité féminine, environ 25 à 30% des cas. L'endométriose et les problèmes tubaires (obstruction des trompes) viennent ensuite. Dans environ 10 à 15% des cas, aucune cause n'est identifiée malgré un bilan complet - on parle d'infertilité inexpliquée.

L'infertilité féminine est-elle toujours définitive ?

Non, absolument pas. La majorité des causes d'infertilité féminine sont traitables, partiellement ou complètement. Certaines femmes conçoivent naturellement après traitement de la cause sous-jacente (prise en charge du SOPK, chirurgie d'une endométriose, correction d'une hypothyroïdie). D'autres ont recours à la PMA avec de bons résultats. Les progrès en médecine reproductive sont considérables.

Le stress peut-il causer l'infertilité ?

Le stress intense et chronique peut perturber l'axe hormonal et provoquer des troubles de l'ovulation, voire une absence d'ovulation temporaire. Cependant, il est rare qu'il soit la cause unique d'une infertilité. Il peut en revanche aggraver des difficultés existantes. La prise en charge du stress est donc un complément utile, mais ne remplace pas un bilan médical si vous avez du mal à concevoir.

Une femme peut-elle avoir une infertilité sans le savoir ?

Oui, tout à fait. Beaucoup de causes d'infertilité ne donnent aucun symptôme apparent : une obstruction tubaire, une réserve ovarienne diminuée, certaines formes d'endométriose ou même des anomalies utérines peuvent passer totalement inaperçues jusqu'au moment où l'on cherche à concevoir. C'est pourquoi un bilan de fertilité est recommandé après les délais d'essais recommandés.

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