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Choisir sa contraception après bébé

Pilule, stérilet, préservatif, contraception et allaitement : le guide complet pour choisir la contraception la plus adaptée après l'accouchement.

Par Bébé à Bord -
Différentes méthodes contraceptives disposées sur une surface blanche

Choisir sa contraception après bébé

Après l’accouchement, la question de la contraception se pose rapidement. Beaucoup de couples sont surpris d’apprendre que la fertilité peut revenir assez tôt après la naissance, parfois même avant le retour de couches - et même en cas d’allaitement.

Chez Bébé à Bord, nous vous guidons pour choisir la contraception la plus adaptée à votre situation post-partum, en tenant compte de l’allaitement, de votre santé et de vos préférences.


Quand la fertilité revient-elle après l’accouchement ?

Sans allaitement

Chez les femmes qui n’allaitent pas, l’ovulation peut revenir dès 4 à 6 semaines après l’accouchement, souvent avant le retour de couches (premières règles). Cela signifie qu’une grossesse est possible avant même que les règles ne soient revenues.

La première ovulation post-partum est souvent imprévisible - elle peut survenir à tout moment une fois que la prolactine chute et que le cycle hormonal se réenclenche.

Avec allaitement

L’allaitement maternel, sous l’effet de la prolactine qu’il génère, inhibe partiellement ou totalement l’ovulation. Mais l’allaitement seul n’est pas une contraception fiable, sauf dans des conditions très strictes (méthode MAMA).


La méthode MAMA : l’allaitement comme contraception

La MAMA (Méthode de l’Allaitement Maternel et de l’Aménorrhée) repose sur le fait que la succion fréquente du sein maintient un taux élevé de prolactine, qui inhibe l’ovulation. Elle est reconnue par l’OMS comme une méthode contraceptive valide, avec une efficacité de 98%, mais uniquement si trois conditions strictes sont réunies simultanément :

  1. L’allaitement est exclusif (le bébé ne reçoit pas d’autres liquides ou aliments, pas de tétine)
  2. Les règles ne sont pas revenues (pas de retour de couches)
  3. Le bébé a moins de 6 mois

Dès qu’une seule de ces conditions n’est plus remplie, la protection devient insuffisante et une contraception complémentaire doit être utilisée immédiatement.


Les contraceptifs compatibles avec l’allaitement

La pilule progestative (mini-pilule)

La pilule progestative ne contient que des progestatifs (sans estrogènes) et est considérée comme compatible avec l’allaitement. Elle ne réduit pas la production de lait et passe en très faible quantité dans le lait maternel, sans effet connu sur le nourrisson.

Elle peut être démarrée dès le 21e jour après l’accouchement. Elle doit être prise rigoureusement à la même heure chaque jour (fenêtre de 3 à 12 heures selon la génération du produit).

Son mécanisme d’action varie selon la génération : les pilules de première et deuxième génération (comme Microval) épaississent la glaire cervicale; les pilules de troisième génération (comme Cérazette ou son générique désogestrel) bloquent l’ovulation dans 97% des cas.

Un inconvénient fréquent : des spottings (petits saignements irréguliers) sont courants en début d’utilisation.

Le stérilet (DIU)

Le stérilet, qu’il soit hormonal (Mirena, Kyleena) ou au cuivre, est entièrement compatible avec l’allaitement. Les modèles hormonaux libèrent une très faible dose de lévonorgestrel localement, sans impact sur la lactation.

Le stérilet peut être inséré :

  • En post-partum immédiat : dans les 10 minutes suivant la délivrance du placenta ou dans les 48 heures suivant l’accouchement. Cette option est de plus en plus proposée dans les maternités françaises.
  • Lors de la visite post-natale : 4 à 6 semaines après l’accouchement.

Le DIU est une contraception de longue durée (3 à 10 ans selon le modèle) très efficace (>99%) et ne nécessite aucune prise quotidienne.

L’implant contraceptif

L’implant au étonogestrel (Nexplanon) est compatible avec l’allaitement. Il peut être inséré dès le 21e au 28e jour post-partum. Comme le stérilet, il offre une contraception fiable sur 3 ans sans nécessiter d’action quotidienne.

Certaines femmes peuvent avoir des saignements irréguliers avec l’implant, surtout en début d’utilisation.

Le préservatif et les méthodes barrières

Les préservatifs (masculins ou féminins) sont entièrement compatibles avec l’allaitement et la période post-partum. Ils présentent l’avantage de ne nécessiter aucun délai d’initiation et de protéger également des IST.

Le préservatif est souvent la première contraception utilisée à la reprise des rapports sexuels, en attendant la pose d’un stérilet ou la reprise d’une pilule.

La contraception d’urgence

En cas de rapport non protégé ou de défaillance contraceptive, la pilule du lendemain (lévonorgestrel, EllaOne) peut être utilisée pendant l’allaitement. Le lévonorgestrel est la forme préférée - il est recommandé d’allaiter juste avant la prise puis d’attendre 8 heures avant la tétée suivante. EllaOne (ulipristal acétate) nécessite une interruption de l’allaitement pendant 24 heures après la prise.


Les contraceptifs déconseillés pendant l’allaitement

La pilule combinée (estro-progestative)

La pilule combinée contient des estrogènes, qui peuvent réduire significativement la production de lait, surtout en début d’allaitement. Elle est déconseillée pendant l’allaitement, particulièrement dans les 6 premiers mois.

De plus, indépendamment de l’allaitement, la pilule combinée est contre-indiquée pendant les 6 premières semaines post-partum en raison du risque élevé de thrombose veineuse profonde (phlébite) dans cette période.


Les contraceptifs compatibles sans allaitement

La pilule combinée

Pour les femmes qui n’allaitent pas, la pilule combinée peut être reprise à partir du 21e jour post-partum (avec précautions), ou plus classiquement après 6 semaines. Le médecin ou sage-femme évalue les facteurs de risque thromboembolique (antécédents, tabac, surpoids) avant de la prescrire.

Le patch contraceptif et l’anneau vaginal

Ces méthodes, qui délivrent également des estrogènes et des progestatifs, suivent les mêmes règles que la pilule combinée. Elles peuvent être utilisées chez les femmes qui n’allaitent pas, à partir du 21e jour post-partum.

L’injection contraceptive (Dépo-Provera)

L’injection de Dépo-Provera peut techniquement être utilisée pendant l’allaitement (c’est un progestatif seul), mais son long délai de retour de fertilité (6 à 18 mois) en fait une option peu recommandée pour les femmes qui envisagent une prochaine grossesse.


La consultation post-natale : le moment idéal pour choisir

La visite post-natale, entre 6 et 8 semaines après l’accouchement, est le moment idéal pour choisir une contraception adaptée. Elle peut désormais être réalisée par une sage-femme, qui peut prescrire l’ensemble des contraceptifs (y compris poser un stérilet).

Profitez de cette consultation pour :

  • Évaluer votre allaitement et estimer la durée prévue
  • Discuter de vos préférences (pilule, stérilet, implant, méthodes naturelles)
  • Faire le point sur d’éventuels facteurs de risque
  • Aborder votre projet de prochaine grossesse si vous en avez un

Et si vous souhaitez une autre grossesse rapidement ?

Si vous envisagez une seconde grossesse dans les 12 à 18 mois suivant le premier accouchement, choisissez une contraception facilement réversible. Le stérilet au cuivre (retrait immédiatement réversible), les préservatifs, ou la méthode MAMA si les conditions sont réunies sont de bonnes options dans ce contexte.

Sachez que les experts recommandent généralement d’attendre au moins 18 mois entre l’accouchement et la conception suivante (soit 24 mois entre deux naissances), pour permettre à votre corps de récupérer et réduire les risques obstétricaux. Notre article sur le fait de devenir parents aborde la question du timing entre les grossesses.


Tableau récapitulatif : contraception post-partum

MéthodeCompatible allaitementDélai après accouchement
Pilule progestativeOuiDès J21
DIU (stérilet)OuiPost-partum immédiat ou J42
ImplantOuiJ21-J28
PréservatifOuiDès reprise des rapports
Pilule combinéeNon recommandéeDès J21 (sans allaitement, sans facteurs de risque)
Injection Dépo-ProveraOui (mais peu recommandée)J21
Méthode MAMAMéthode naturelleConditions strictes à respecter

Conclusion

Choisir sa contraception après bébé demande de prendre en compte plusieurs paramètres : l’allaitement ou non, votre mode de vie, vos préférences, votre projet de prochaine grossesse. Aucune méthode n’est universellement supérieure - c’est votre situation personnelle qui guide le choix.

Chez Bébé à Bord, nous vous encourageons à en parler avec votre sage-femme ou votre médecin lors de la visite post-natale, sans attendre. La contraception est un sujet qui mérite une conversation ouverte et des réponses personnalisées.

Questions fréquentes

Peut-on tomber enceinte en allaitant ?

Oui. L'allaitement exclusif peut temporairement inhiber l'ovulation (méthode MAMA), mais cette protection n'est pas fiable à 100%. Une contraception est recommandée dès la reprise des rapports sexuels, surtout si l'allaitement n'est pas exclusif.

Quand peut-on reprendre la pilule après un accouchement ?

La pilule combinée (estro-progestative) est déconseillée pendant au moins 6 semaines après l'accouchement en raison du risque thromboembolique. La pilule progestative peut être démarrée dès 21 jours après l'accouchement, et est compatible avec l'allaitement.

Le stérilet peut-il être posé juste après l'accouchement ?

Un DIU peut être inséré dans les 48 heures suivant l'accouchement (post-partum immédiat) ou après 4 à 6 semaines lors de la visite post-natale. La pose en post-partum immédiat est de plus en plus proposée dans les maternités françaises.

L'allaitement est-il une contraception fiable ?

L'allaitement exclusif (MAMA - Méthode de l'Allaitement Maternel et de l'Aménorrhée) protège à environ 98% dans les 6 premiers mois si trois conditions sont réunies : allaitement exclusif, pas de retour de couches, bébé de moins de 6 mois. Dès que l'une de ces conditions cesse, une contraception doit être utilisée.

Quelle contraception est compatible avec l'allaitement ?

La pilule progestative, le stérilet (hormonal ou cuivre), l'implant et les préservatifs sont compatibles avec l'allaitement. La pilule combinée (avec estrogènes) est déconseillée car elle peut réduire la production de lait.

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